Yasser Arafat a-t-il été victime d’un empoisonnement au polonium ? Neuf ans après la mort mystérieuse du dirigeant historique palestinien, ce scénario de film d’espionnage est bien une “possibilité”, confirme un rapport d’experts. Après avoir analysé les effets personnels d’Arafat, les scientifiques de l’Institut de radiophysique (IRA) de Lausanne ont en effet relevé que “plusieurs échantillons contenant des traces de fluides corporels (sang et urine) contenaient une radioactivité plus élevée et inexpliquée au polonium 210″. C’est cette substance hautement toxique qui avait tué en 2006 Alexandre Litvinenko, l’ex-agent du KGB devenu opposant à Poutine.

Sa dépouille exhumée l’an dernier

Selon les conclusions des experts suisses, publiées dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, ces résultats soutiennent donc “la possibilité d’un empoisonnement d’Arafat”, décédé en 2004 en région parisienne après y avoir été transféré avec l’accord d’Israël. Cette affirmation n’est toutefois pas nouvelle. Déjà en juillet 2012, l’hypothèse d’une telle intoxication, derrière laquelle de nombreux Palestiniens voient la main d’Israël, avait été relancée par les mêmes experts lorsqu’ils avaient révélé cette présence de traces de polonium sur les effets personnels d’Arafat dans un documentaire. A la suite de la diffusion de ce document par la chaîne Al-Jazeera, la veuve du leader palestinien, Souha Arafat, avait porté plainte devant le tribunal correctionnel de Nanterre

Pour connaître le fin mot de l’histoire, il faut encore attendre les résultats d’autres expertises, menées cette fois directement sur la dépouille d’Arafat. En novembre 2012, son corps avait été exhumée de sa tombe, située dans l’enceinte de la Mouqataa, le QG de l’autorité palestinienne à Ramallah. Des prélèvements avaient alors été effectués : une soixantaine d’échantillons répartis entre trois équipes d’enquêteurs, suisses, français et russes, chacune travaillant de son côté. Bientôt un an après, les résultats des analyses sont toujours attendus. Avec impatience.