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Décès d’Albert Jacquard, généticien et militant humaniste – Le Quotidien du Médecin

« La France perd un grand scientifique et une figure éminente de la génétique. » Marisol Touraine a réagi à l’annonce ce jeudi de la disparition, à 87 ans, d’Albert Jacquard. La ministre a rendu hommage au « chercheur et penseur du vivant » mais aussi au « militant », « amoureux du débat d’idées ».

Albert Jacquard naît à Lyon en 1925 d’une famille catholique conservatrice – son père est directeur à la Banque de France. Son enfance est marquée par un terrible drame. Il a 9 ans lors de l’accident de voiture qui coûtera la vie à ses grands-parents paternels et à son jeune frère. Il en ressort défiguré. Il dira dans un portait que lui a consacré France 5 (rediffusion ce vendredi à 21 h 40) combien sa perception des autres en sera bouleversé. « J’ai cru qu’ils me méprisaient », confiera-t-il. Élève brillant, il obtiendra deux baccalauréats en mathématiques puis en philosophie avant d’entrer en classes préparatoires et d’intégrer Polytechnique en 1945, à l’âge de 20 ans.

Découverte de la génétique des populations

Six ans plus tard, il commence sa vie professionnelle à la Seita (Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes) en tant qu’ingénieur d’organisation et de méthode et travaille à la mise en place d’un des premiers systèmes informatiques. Il poursuivra une carrière de haut fonctionnaire en tant que rapporteur auprès de la commission de vérification des comptes des entreprises publiques (contrôle de la gestion des houillères du Nord puis de Sud-Aviation de 1959 à 1970) puis en tant que directeur adjoint au service de l’équipement du ministère de la Santé publique (1962 à 1964), il entre à l’Institut national de démographie (INED) où il est chargé de la recherche (1965 à 1966).

À l’approche de la quarantaine, il « s’aperçoit qu’on n’est pas éternel » et « ne veut pas gâcher sa vie à des choses dérisoires ». Il découvre la génétique des populations qu’il part étudier dans la prestigieuse université américaine de Stanford, puis revient à l’INED. En 1970 et 1972, il passera deux doctorats en génétique puis en biologie humaine. De 1975 à 1985, il sera expert en génétique auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il n’aura de cesse d’invalider les arguments prétendument scientifiques des théories racistes. Son premier livre, « Éloge de la différence : la génétique et l’homme », rencontrera en 1978, un immense succès et fera de lui une figure de la lutte contre toutes les inégalités.

Contre l’exploitation commerciale du génome humain

De 1983 à 1988, il sera membre du Comité consultatif national d’éthique. « Tout au long de sa vie à faire le pont entre la science et les Français, entre la génétique et les enjeux éthiques de cette discipline », souligne le ministère de la Santé. C’est ainsi qu’il s’engagera contre la marchandisation du vivant et l’exploitation commerciale du génome humain. Il se prononcera pour le droit de mourir dans la dignité.

Humaniste et citoyen engagé, il milite auprès des mal-logés et des sans-papiers. Il sera président d’honneur du DAL (l’association pour le droit au logement). Après avoir assuré, pendant dix ans et jusqu’en 2010, une chronique quotidienne sur France culture, le vieux sage avait pris ses distances avec le combat médiatique. Il s’est éteint à son domicile parisien des suites d’une leucémie.

› Dr LYDIA ARCHIMÈDE


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