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Emploi partagé : un fauteuil pour deux, du travail pour tout le monde? – La Tribune.fr

Vivre, travailler, jouer en binôme ou en tandem, c’est presque la même chose. Quoique, sur un tandem, l’un pédale derrière l’autre. Celui de devant maîtrise la route, tandis que le deuxième lui fait confiance, sans visibilité. C’est pourquoi je préfère le terme de binôme qui désigne deux noms côte à côte sans position préférentielle ni rapport hiérarchique.

Le binôme a fait ses preuves

L’organisation en binôme se retrouve dans une grande variété d’activités humaines. En sport et aventure, par exemple, Charles Herdrich et son co-équipier Pierre-Marie Bazin viennent de traverser le détroit de Bering dans un canot à la rame. Le Free Handi’s Trophy organise une compétition entre collaborateurs d’une même entreprise, en binômes handicapé/non handicapé. Dans le domaine des arts, nombreux sont ceux qui créent une œuvre ou écrivent un livre à deux.

En politique, les exemples se multiplient. Dans certains partis politiques, deux co-présidents ou co-secrétaires généraux se partagent les responsabilités. A l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire EELV est dirigé par deux co-présidents, un homme et une femme. De même, les partis Verts des pays européens prévoient d’organiser des primaires européennes pour élire un binôme masculin-féminin en vue des futures élections européennes.

La nouvelle loi électorale sur les « binômes paritaires », qui sera appliquée aux prochaines élections locales, fait toujours grincer les dents des réfractaires à l’entrée des femmes sur la scène politique. Dernier exemple en date de binôme politique, les chefs du groupe démocrate-libéral et du groupe écologiste au Parlement européen se sont conjointement vus attribuer le titre de « leaders européens de l’année 2013 ».

Dans un tout autre registre, les duos de chanteurs francophones et anglophones qui cherchent par ce biais à s’assurer une carrière internationale. Et dans l’enseignement, il n’est pas rare que des maîtresses d’école se partagent une classe, l’une le matin, l’autre l’après-midi.

Un CDI pour deux

Dans les entreprises, le travail en binôme s’appelle normalement « partage de poste », ou « job sharing » en anglais. A ne pas confondre avec le travail en temps partagé qui consiste, essentiellement pour les cadres, à partager son temps de travail et son savoir-faire entre plusieurs entreprises, en qualité de salarié ou d’indépendant. Le système du « job sharing », quant à lui, permet à deux personnes de travailler à temps partiel sur un même poste. Deux collaborateurs peuvent ainsi partager non seulement un bureau et des dossiers, mais aussi et surtout des responsabilités à un haut niveau.

Les objectifs sont liés à un emploi à temps plein, ce qui permet notamment aux femmes de concilier vie de famille et vie professionnelle, sans être bloquées dans leur évolution de carrière par le redoutable « plafond de verre ». Mais cette formule en est encore à ses premiers balbutiements en France, contrairement aux pays anglo-saxons et scandinaves, aux Pays-Bas et à la Suisse, où des sociétés déjà spécialisées dans les nouvelles formes de travail, se sont lancées dans le recrutement de binômes.

La responsabilité de la fonction est partagée à égalité

Les binômes se proposent comme « un seul homme », avec un CV unique, à des employeurs prêts à prendre le risque de la nouveauté. Pourtant, si le binôme s’accorde pour travailler en symbiose, l’entreprise a tout à y gagner avec la gestion d’un seul poste en CDI à temps plein au lieu de deux demi-postes, une productivité accrue et une seule évaluation des résultats. La négociation du salaire est menée pour le poste unique, à pourvoir par les deux candidats, qui signent chacun un CDI à temps partiel. Que le temps entre les deux salariés soit réparti en deux jours et demi chacun par semaine ou en cinq demi-journées chacun, la responsabilité de la fonction est partagée à égalité.

Le dépassement éventuel du temps de travail de l’un des deux et le rééquilibrage des heures travaillées se règlent au sein du binôme. Un cas d’école : dans une société multinationale, un homme et une femme, collègues, travaillent à mi-temps sur le même poste. Ils gèrent une équipe composée d’une centaine de personnes et travaillent tous deux trois jours par semaine avec une journée en commun. Ils n’ont plus envie de changer car ils ont trouvé le moyen de concilier poste à responsabilités et vie de famille.

Un quart des hommes néerlandais travaillent à temps partiel

En interne aussi, le « job sharing » peut apporter une solution à l’entreprise qui cherche à réduire le turnover en gardant les salariés qui donnent satisfaction, mais qui préfèrent travailler à temps partiel pour des raisons familiales ou de choix personnel. Dans ce cas, il est préférable que le salarié cherche lui-même son partenaire au sein de l’entreprise. Le binôme a de meilleures chances de réussite si les partenaires ont déjà travaillé ensemble ou partagent la même culture d’entreprise.

En France, le retard des partages de poste est d’origine culturelle. Le temps partiel est traditionnellement considéré comme une contrainte et non comme un choix de société. Celui ou celle qui travaille à temps partiel est pénalisé dans son évolution de carrière et sa protection sociale. Aux Pays-Bas, 75% des femmes travaillent à temps partiel par rapport à 41% pour l’ensemble des pays européens et 23% aux Etats-Unis, mais les hommes néerlandais ne sont pas de reste puisque 23% travaillent à temps partiel, contre seulement 10% dans les autres pays occidentaux, et 9% s’arrangent pour accomplir un temps complet en quatre jours. Le terme de « daddy day » (la journée de papa), souvent le vendredi, est entré dans le vocabulaire courant de ce pays où, selon une députée néerlandaise, « la jeune génération est en train de transformer notre culture du temps partiel en force et non plus en faiblesse ».

Une vision française du travail obsolète

Imaginez en France des managers, des ingénieurs, des chirurgiens à mi-temps. Dans les entreprises comme dans les bureaux de l’administration, les espaces de travail seront moins nombreux que les salariés qui se croiseront dans les couloirs au gré de leur compromis entre vie professionnelle et vie privée. Les avantages du temps partiel s’appliquent aussi aux professions dont la pénibilité est élevée.

Le « job sharing » est une nouvelle forme de travail qui permet aux entreprises de trouver plus facilement des candidat(e)s dont le profil correspond à leurs critères de recrutement. Parmi les membres de l’Union Européenne, la France est le pays où l’on attache le plus d’importance au travail (68%), alors que la moyenne européenne est de 55%. Les pays où le travail a le moins d’importance sont l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. Les deux tiers des Français placent le travail au deuxième rang après la famille, mais bien avant les amis et les loisirs, et encore plus loin devant la religion ou la politique.

Une solution au maintien des « seniors » dans la vie active

Mais, au vu des tendances dans la plupart des pays occidentaux, on pourrait affirmer que le concept même de temps partiel ou de temps complet est en passe de devenir obsolète en ce début du 21è siècle, et sera remplacé à plus ou moins court terme par une nouvelle conception du travail, plus humaine et mieux intégrée dans la vie de chacun.

Il serait temps que les partenaires sociaux français, en cette période de discussions sur l’organisation du travail et la qualité de vie au travail – ou la qualité de vie en général – prennent sérieusement en considération non seulement la réduction du temps de travail, mais aussi le partage de poste comme une solution à la diminution des indemnités de chômage et au maintien des « seniors » dans la vie active. Faire des heureux qui travaillent et réduire les dépenses publiques, n’est-ce pas là l’objectif de tout gouvernement ?


Gros plan – Google Actualités

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