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Front national : pourquoi je n’en ai rien à faire de la “montée” de … – Le Nouvel Observateur

 Marine Le Pen à l’université d’été du FN à Marseille le 15 septembre 2013 (ROBERT/SIPA).

Alors comme ça, on devrait avoir peur de Marine Le Pen ? La présidente du Front national a pris un tel melon qu’on n’aurait même plus le droit de dire qu’elle est d’extrême droite, le tout sur fond de sondages donnant son parti en tête aux prochaines élections européennes.

Ah ! Eh bien je vais le dire haut et fort : le Front national, sa “montée”, son appartenance évidente à l’extrême droite, je m’en fous complètement. J’en suis même arrivé à couper le son de ma télé quand on en parle, à ne plus lire les articles sur le sujet. Bref, je fais une cure 0% FN et je m’en porte très bien.

Je vous conseille vivement de faire pareil : il suffit de remettre ce parti et ses électeurs à la place qu’ils méritent, vous allez voir qu’un gros problème va soudainement disparaître. Démonstration.

Un succès qui repose entièrement sur les médias

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut rappeler que si le Front national en est là aujourd’hui, c’est d’abord à cause des médias qui se complaisent à le normaliser depuis des années.

Oui, des années : ça a commencé avec la diffusion des discours de Marine Le Pen pendant la dernière présidentielle, l’occasion pour BFMTV et i>Télé de balancer jusqu’à deux heures de doctrine frontiste sans la moindre analyse (le plus souvent le dimanche après-midi), quand ils n’utilisent pas directement les images fournies par le parti. Quel rendez-vous familial extraordinaire : si on voulait faire entrer la parole du Front dans les foyers, on ne s’y serait pas pris autrement.

Depuis, tout le monde a ouvert les vannes : la clique FN défile au “Grand Journal” et s’offre un traitement digne de n’importe quel autre parti, sur TF1 Gilles Bouleau a reçu Marine Le Pen en l’interrogeant comme s’il s’adressait à Mylène Farmer.

Je pourrais faire une liste interminable de tous les cas de connivence coupable ces derniers mois : les couvertures à gerber sur l’islamisme des magazines du jeudi, la propagation des “unes” de “Minute” et “Valeurs Actuelles” sur Twitter, l’émission “Les Grandes Gueules” sur RMC qui passe son temps à créer des polémiques stériles sur les communautés avec des intervenants plus poujadistes les uns que les autres.

En 2002, on avait accusé les médias d’avoir fait progresser Jean-Marie Le Pen en traitant de faits-divers jusqu’à l’overdose. Cette fois, pas de Papy Voise qui se fait taper par de méchants immigrés : les médias déroulent directement le tapis rouge au Front national, on ne pourra pas les accuser d’avoir “fait le jeu” du Front national mais d’avoir directement collaboré avec ce parti en travaillant quotidiennement à sa “fréquentabilité” et à l’acceptation de ses idées par les Français.

Il est probablement un peu tôt pour soulever ce problème : attendons que le FN fasse un énorme score pour nous interroger sur le rôle des médias, c’est tellement plus commode de se remettre en cause quand il est trop tard.

Les européennes : un triomphe sans le moindre intérêt

Les médias, donc, s’en donnent à coeur joie sur un Front plus fréquentable avec ses nouvelles têtes d’affiches bien coiffées. Et inéluctablement, le parti d’extrême droite fera un carton aux prochaines élections.

Pourtant, le succès attendu du FN n’aura strictement aucune portée. Expédions les européennes : c’est une élection vraiment à part, le Front y réalisera un score élevé qui repose sur le rejet de l’institution européenne plus que sur l’adhésion aux idées du parti.

En 2014, on enverra probablement quelques députés FN en plus au parlement européen, il n’y mettront jamais les pieds (comme d’habitude), ça ne changera rien, et ça n’aura pour ainsi dire aucune conséquence sur la vie des Européens.

Un maire FN et alors ?

Penchons-nous plus longuement sur les municipales : visiblement, une horde de piliers de comptoir semble décidée à glisser un bulletin aviné au nom d’un inconnu qui pose tout sourire avec Marine sur les affiches. Soit. Et alors ?

Allez-y, élisez vos candidats FN dans vos campagnes, qu’est ce que ça va bien pouvoir faire ? Vous croyez qu’ils vont appliquer la préférence nationale dans des bleds paumés qui ne comptent pas le moindre immigré ? Qu’ils vont sortir de l’euro à l’échelle communale et frapper une monnaie locale bleu-blanc-rouge ? Qu’ils rétabliront la peine de mort dans les fermes ?

Rien de tout ça évidemment : on le sait pertinemment, l’élection de candidats FN comme maires s’est toujours soldée par des catastrophes sur le terrain, des élus qui ne font pas mieux que les partis traditionnels, voire qui font pire au niveau de la corruption et des petits arrangements entre amis.

Les vrais conséquences d’une victoire locale du FN

Par contre, il y aura une conséquence directe à l’élection d’un candidat FN, et là je m’adresse directement aux électeurs : savez-vous que votre parti ne dépasse pas les 8% d’intentions de vote à Paris et qu’ici on accorde pas la moindre importance aux théories frontistes dans la capitale ?

Le résultat de cette complète ignorance est simple : vos villes dirigées par un maire FN seront totalement abandonnées par l’État, et vous n’aurez plus que vos larmes pour pleurer lorsqu’une catastrophe s’y abattra.

Regardez bien ce qui se passe à Orange, où règne depuis des années le délicieux Jacques Bompard : le premier régiment de cavalerie, implanté dans la ville depuis 50 ans, va fermer. Une situation catastrophique pour Orange qui perd là une ressource économique fondamentale.

Eh bien, chers habitants d’Orange, je suis au regret de vous annoncer qu’à Paris, personne n’est au courant de cette histoire. Tout le monde s’en fout, et vous l’avez bien cherché : démerdez-vous avec votre maire, il va surement trouver une solution miracle. Vous vouliez du FN, vous l’avez. Et maintenant, foutez-nous la paix !

Voilà ce qui vous attend avec l’élection de maires issus du Front national : l’abandon d’une commune par l’État. Dans ces conditions, je souhaite à toutes ces villes qui s’apprêtent à virer fièrement FN de ne pas rencontrer de problème dépassant le cadre des ronds points et du ramassage des ordures, parce que leurs habitants deviendront, pour le coup, de vrais laissés-pour-compte de la République.

Marine Le Pen ne gagnera jamais la présidentielle

Venons-en à l’élection présidentielle : on a peur, Marine Le Pen obtient des chiffres favorables dans les enquêtes d’opinion, elle va peut-être devenir présidente de la République !

Vous êtes sérieux ? Marine Le Pen ne gagnera jamais – JAMAIS ! – l’élection présidentielle. Quand bien même elle arriverait au second tour, aucun électeur de gauche et même de droite (si, si) n’est prêt à abandonner son pays à cette femme.

Imaginez les manifestations, les médias qui devront se racheter, la mobilisation citoyenne pour faire opposition aux extrêmes… Jamais la France ne s’abandonnera au Front national.

Imaginer Marine placardée dans toutes les mairies de France relève du fantasme.

Même si, par miracle, Marine Le Pen devait accéder à la fonction suprême, elle ne pourrait rien faire : la Constitution ne lui donne pas quasiment aucun pouvoir sans le parlement. Elle pourrait, certes, gracier l’assassin de Clément Méric. Elle pourrait également, à la limite, essayer d’envahir le pays de son choix, mais une intervention lourde nécessiterait l’aval du parlement.

Or, la Constitution est faite de telle sorte que seuls les grands partis accèdent à l’Assemblée : même avec des scores extraordinaires au niveau local, les députés FN se compteront sur les doigts d’une main à l’Assemblée nationale et leur influence sera proche de zéro (au fait, à quoi servent Gilbert Collard et Maréchal-Le Pen ?).

Donc on aurait une Marine Le Pen présidente, un parlement qui voterait la défiance contre son gouvernement : si Marine Le Pen était élue, on se retrouverait dans une situation institutionnelle catastrophique, mais jamais elle n’aurait le pouvoir d’imposer son programme. Ah, et encore une fois : elle ne sera jamais élue.

Que faire des électeurs désespérés du FN ?

Voilà où on en est : des millions d’électeurs qui s’apprêtent à glisser un bulletin qui ne servira à rien. Qu’est ce qu’il faut leur dire à ces électeurs ? Je suis partisan de ne pas insulter les sympathisants du Front, j’accepte d’ailleurs volontiers qu’on leur accorde le droit de vote. Pas d’insultes donc, mais un profond mépris. Parce qu’on a encore le droit de mépriser des gens pour leurs idées.

Les électeurs FN seraient désespérés par leur situation : ils sont pauvres, ils n’ont pas les moyens de nourrir leur famille, ils ont peur, etc.

Finalement, on se rend compte que l’électeur FN n’est pas très différent des immigrés qu’il se plait tant à vomir, à ceci près que je suis fier que l’argent de mes impôts serve à intégrer des familles qui veulent construire une nouvelle France, plutôt qu’à une bande de gens incapables de comprendre que l’évolution de la société a rendu l’expression “Français de souche”, anachronique depuis des siècles. 

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