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Gardasil : quand j’ai refusé de vacciner ma fille, je suis passée pour … – Le Nouvel Observateur

Le Gardasil va faire l’objet d’une vingtaine de plaintes devant la justice française (C.BUCHANAN/SIPA).

Il y a quelques années, alors que la campagne de promotion pour le vaccin contre le papillomavirus battait son plein, j’avais décidé que non, je ne vaccinerai pas ma fille avec le Gardasil ou le Cervarix. Que n’ai-je entendu ou lu alors, mère indigne que j’étais.

Le danger : ne plus faire de frottis

En l’absence de recul, et à cause du peu de visibilité sur les éventuels effets secondaires de ce vaccin et sur les bénéfices eux-mêmes, il me semblait dangereux de faire croire qu’une telle prescription pouvait protéger contre cancer de l’utérus, alors qu’aucune étude n’en démontrait la totale efficacité (au contraire même, parfois).

On nous le vendait aussi en expliquant que le risque de tomber malade était immense, alors que ce cancer ne représente que 4 à 6% des cancers féminins… Bref, je n’ai vu aucun intérêt à faire vacciner ma fille. J’y ai même vu un danger potentiel.

Pourquoi vacciner et prendre le risque de délaisser d’autres modes de protection efficaces comme le préservatif et le frottis, qui a presque disparu de Scandinavie depuis qu’il y est obligatoire ? 

L’ouvrage “La piqûre de trop” de trop attaque la vaccination systématique.

 

Puis, comme si cela n’était pas suffisant, des voix ont commencé à dénoncer les effets secondaires possibles de ce vaccin, des groupes se sont créés pour informer et récolter des témoignages.

Vers un nouveau Mediator ?

J’ai encore en mémoire le rétropédalage improvisé sur le protocole de vaccination contre l’hépatite B, qui avait fait passer le nombre d’injections de trois à deux alors même que nous vaccinions notre fille. La crainte ? Le soupçon d’un lien entre l’administration du vaccin et l’apparition de sclérose en plaque chez le patient.

Comme tout parent, j’ai mis alors dans la balance d’un côté les risques liés à cette vaccination, y compris mortels, et de l’autre les risques de cancer, l’efficacité probable du produit et surtout les risques d’effets secondaires. C’est donc en toute connaissance de cause que j’ai décidé que je ne ferai pas vacciner ma fille.

Aujourd’hui, une première plainte contre le vaccin Gardasil vient d’être déposée, et il se pourrait bien qu’elle ne soit que la première d’une longue série. Ne serait-on pas sur le point de révéler un nouveau scandale politico-sanitaire de l’ampleur de celui du Mediator ?

Tous les ingrédients semblent réunis : des conflits d’intérêts, des liens bien trop étroits entre le monde politique et le monde des laboratoires, des experts comme le professeur Didier Riethmuller qui valident la nécessité de ce vaccin dans des études qui serviront ensuite de garanties, mais qui sont payés en tant que consultants par ces mêmes laboratoires qui fabriquent les vaccins qu’ils préconisent…

On pense aussi à la décision de Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, qui a autorisé la prise en charge du vaccin par la sécurité sociale et son remboursement à 65%, deux mois avant de quitter son ministère. Un remboursement qui n’a pas été remis en cause par celle qui lui a succédé, Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé a d’ailleurs remis à Sanofi le prix Galien pour le Gardasil en 2007. Il est vrai que cette ancienne RP de laboratoire s’y connaît bien en vaccins.

À l’époque de la propagande éhontée (et depuis interdite, il était temps) pour ce vaccin, j’avais été stupéfaite que les autorités françaises laissent ainsi diffuser des spots publicitaires déguisés en message de santé à caractère public.

Des pages entières de publicité comminatoire, culpabilisantes et se présentant comme des messages officiels inondaient tous les médias, passant même avant les plages publicitaires, tels des annonces sponsorisées par le ministère de la Santé.

C’est qu’il fallait de bonnes lunettes pour distinguer le petit nom de Sanofi ou de Merck sous ce beau discours infantilisant, qui nous expliquait que si nous ne faisions pas vacciner nos filles, nous serions alors de bien mauvaises mères.

Que dire aussi des spécialistes qui font le tour des plateaux télé, comme encore ce lundi sur i>Télé, venus tour à tour expliquer qu’il n’y a aucun danger ni aucune angoisse à avoir par rapport au produit. Allez, zou, circulez, il n’y a rien à voir.

Même le Haut conseil de la santé publique reconnaît le manque de recul…

Prenons le professeur Bergmann (qui avait autorisé en tant que vice-président de la Commission d’autorisation de mise sur le marché, la commercialisation du Mediator, et dont les liens étroits avec les milieux pharmaceutiques avaient été mis en évidence au Sénat) qui aujourd’hui, minimise les risques et les effets secondaires du Gardasil.

Est-ce que j’ai vraiment besoin de vous faire un dessin ?

Comment expliquer toutes ces voix discordantes, tous ces témoignages qui ne veulent accepter ces vérités révélées par des médecins un peu trop liés au monde pharmaceutique ? Ces voix qu’on qualifie un peu trop rapidement d’illuminées complotistes ou de rétrogrades insonscientes.

Comment expliquer que les autorités françaises, contrairement au Japon ou à l’Autriche continuent de recommander contre toute prudence et principe de précaution l’usage des ces vaccins, Gardasil comme Cervarix ?

Comment expliquer que le Haut conseil de la santé publique a même été jusqu’à préconiser “que soit mis en œuvre tout moyen qui permette d’atteindre les populations chez lesquelles le dépistage risque d’être le moins réalisé”, tout en écrivant que “l’efficacité du vaccin Gardasil sur le cancer invasif du col de l’utérus ne peut pas actuellement être démontrée puisqu’il existe un délai moyen d’au moins 15 ans entre l’infection HPV et la survenue d’un cancer” ? On marche sur la tête, non ?

J’ai plutôt l’impression d’avoir protégé ma fille

Les autorités françaises, Xavier Bertrand puis Roselyne Bachelot ont-ils été juste imprudents, trop pressés ? Ou bien s’agit-il d’un problème de conflit d’intérêt plus grave ? 

En attendant les réponses, je ne regrette pas d’avoir anticipé les risques, la suite nous dira s’ils sont graves ou non, je ne regrette pas d’avoir protégé ma fille d’un risque qui semble être bien plus important que ce que nos précédents ministres de la Santé et nos si éminents spécialistes des laboratoires veulent bien nous laisser croire.

Finalement, n’en déplaise à Sanofi ou à Merck, c’est justement en appliquant le principe de précaution (ce qu’aurait dû faire l’État français) et en refusant de vacciner ma fille que j’ai aujourd’hui le sentiment de l’avoir mieux protégée, et pour le coup de ne pas être une si mauvaise mère que cela.


Santé – Google Actualités

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