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La dépression n’accroît pas le risque d’avoir un cancer – Figaro Santé

On le dit parfois, on le pense souvent: un état dépressif augmente les risques de développer un cancer. «C’est une idée très ancienne et qui a la vie dure. On la retrouve même dans les écrits socratiques», souligne Cédric Lemogne, professeur de psychiatrie et chercheur à l’Inserm. Seulement voilà, «elle est fausse», s’empresse-t-il d’ajouter.

Pour vérifier ce qui est quasiment un adage populaire, le chercheur, dont les travaux sont publiés dans la revue The American Journal of Epidemiology, a d’abord balayé toutes les études les plus sérieuses sur le sujet. Or aucune n’a jamais réussi à affirmer ou à infirmer un quelconque lien de cause à effet. Il s’est alors tourné vers la grande cohorte Gazel (les anciens employés d’EDF-GDF) mise en place en 1989 par une équipe de Villejuif et qui compte un peu plus de 14.200 participants. Cette cohorte offre à la fois des données valides sur l’apparition de cancer mais aussi sur les dépressions répertoriées. «L’intérêt de ce genre de cohorte est de permettre d’engranger des données avec un suivi très satisfaisant», poursuit le scientifique.

Les premières mesures des dépressions ont été effectuées en 1993 puis renouvelées tous les trois ans pendant quinze ans. Les arrêts de travail pour des raisons dépressives ont également été pris en compte. «À partir de là, on a regardé si ces personnes dépressives avaient plus de chance de développer un cancer que les autres», explique Cédric Lemogne. Il n’en a rien été: aucune association significative n’a été trouvée entre ces déprimes et cinq types de cancer (prostate, sein, côlon, cancer associé au tabac, lymphome et leucémie).

Cela n’empêche pas, en revanche, que l’annonce d’un cancer provoque des symptômes dépressifs. «Cela touche une personne malade sur quatre, ce qui est beaucoup», souligne Cédric Lemogne. «On entend souvent l’entourage leur dire qu’il faut se battre comme s’il était anormal voire dangereux de se sentir abattu», alors que l’important est avant tout de suivre son traitement pour le cancer et pour la dépression, insiste le médecin.

Si un état dépressif n’influe pas sur le cancer cela ne signifie pas pour autant qu’un problème psychosomatique ne peut pas influencer l’état de santé d’une personne. «Il est avéré aujourd’hui que le stress au travail peut avoir un impact sur les infarctus du myocarde.» Mais cela ne met pas en jeu les mêmes mécanismes.

Le soutien des proches est en revanche primordial, comme l’a rappelé une étude américaine parue la semaine dernière. Elle a prouvé que le mariage augmente nettement les chances de survie des personnes ayant un cancer. Il n’est pas sûr pour autant que les travaux de l’Inserm permettent un changement radical des mentalités. Il faudra sans doute du temps pour faire disparaître l’idée du lien entre cancer et dépression alors que le nombre de cancers au sein de la population française augmente et que l’on cherche tellement à expliquer l’inexplicable.

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