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L’accès aux soins de plus en plus difficile pour les étrangers … – La Voix du Nord

Les difficultés d’accès aux soins s’accentuent chez les plus démunis, parmi lesquels plus de 90 % de personnes d’origine d’étrangère, souligne Médecins du Monde dans son rapport 2012 publié mercredi, regrettant « des réponses publiques souvent plus sécuritaires que sociales ».

À la veille de la journée mondiale du refus de la misère, l’ONG dit être confrontée à une « augmentation de la fréquentation » de ses 21 centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso). En 2012, ils ont accueilli 30.560 personnes exclues du système de santé français (+3,7 % par rapport à 2011, +24 % depuis 2008). « Ça déborde », a résumé Thierry Brigaud, président de Médecins du Monde lors d’une conférence de presse présentant le rapport.

Parmi elles, 98,2 % vivent sous le seuil de pauvreté, 70 % connaissent de graves difficultés de logement (13,2 % sont SDF), 12,5 % sont des mineurs (+69 % en 5 ans), et 39 % sont des femmes.

Signes alarmants : 43 % présentent un problème de santé qui aurait dû être traité plus tôt, et 22 % ont renoncé à se soigner au cours des 12 derniers mois. Des indicateurs « en constante progression », selon le docteur Jean-François Corty, directeur des missions France pour MdM.

Les femmes davantage touchées

Les femmes sont davantage touchées. Parmi celles qui sont enceintes, 10 % sont à la rue et 46 % présentent un retard de suivi de grossesse.

Les patients, à plus de 90 % étrangers, sont principalement originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et de l’Union européenne. Roumains, Algériens, Français, Tunisiens et Marocains sont les plus représentés.

Près d’un tiers des Français renonce à se faire soigner

Le nombre de Français baisse depuis dix ans, « certainement grâce à la couverture maladie universelle (CMU) », mais 26 % ont pourtant renoncé à se soigner, à cause de l’absence de complémentaire santé et de la baisse des remboursements. Dans son dernier baromètre santé, Europe Assistance avant même le chiffre de 33 % de Français qui renonceraient à se soigner.

Autre constat, des ressortissants portugais, espagnols ou italiens font désormais partie des patients.

Pathologies de la précarité

Les pathologies constatées, majoritairement liées à la précarité, sont les troubles respiratoires, digestifs (liées souvent à une eau non potable), les problèmes ostéoarticulaires et dermatologiques. Viennent ensuite les affections cardiovasculaires et les problèmes psychologiques (anxiété, dépression), fréquents chez les demandeurs d’asile, en raison des violences qu’ils ont fuies chez eux et de leurs situations déplorables en France, note le rapport.

Dans 67 % des cas, les pathologies sont chroniques et peuvent devenir graves (hypertension, asthme, diabète) sans prise en charge régulière.

Seulement 12 % des patients ont des droits ouverts à l’AME (Aide médicale d’État, réservée aux migrants en situation irrégulière) ou à la CMU. Et 32 % demeuraient « totalement exclus du système d’accès aux soins ».

« L’accès aux soins est un véritable parcours du combattant », souligne Jean-François Corty, énumérant les « nombreux obstacles » : l’obligation d’une domiciliation et d’une présence de trois mois sur le territoire pour bénéficier de l’AME (que MdM voudrait voir fusionner avec la CMU, pour simplifier les démarches), la « complexité de la législation », la barrière linguistique et la peur de se déplacer de crainte d’être interpellés, pour les étrangers en situation irrégulière.

Il déplore aussi des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS), basées dans les hôpitaux « en nombre insuffisant et pas assez décentralisées ».

Enfin, il dénonce une « tension entre santé publique et politique sécuritaire », citant l’ouverture retardée de la salle de « shoot », une « urgence sanitaire et sociale » selon lui, l’expulsion des populations roms de leurs lieux de vie, qui « les met en danger », ou la future pénalisation des clients de prostituées qui « va rendre leur condition de vie plus difficiles ».

« Même si, depuis l’alternance politique, il y a eu quelques mesures intéressantes », dans le plan quinquennal de lutte contre l’exclusion, « ça reste insuffisant », dit-il. « L’alternance politique doit se faire plus sentir pour les grands précaires », ajoute-t-il, réclamant le droit au séjour pour les étrangers malades ou l’ouverture pérenne de places d’hébergement pour les sans-abri.

Médecins du Monde dispose de 21 centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) en France. Dans celui de Valenciennes, le profil des patients est différent du profil type dressé au niveau national.

Une moyenne d’âge plus basse. À Valenciennes, elle est de 30,8 ans contre 32,8 ans dans l’ensemble des Caso. Une jeunesse des bénéficiaires qui s’explique d’abord par le fait que le centre valenciennois accueille une proportion de mineurs bien plus importante qu’au plan national : 10,8 % des patients valenciennois ont moins de 10 ans contre 8 % pour la moyenne nationale, et les 10-17 ans représentent 7,5 % des patients contre 4,5 % à l’échelle du pays.

Davantage de Français. Si l’ensemble des centres reçoit en moyenne 5,9 % de patients français, celui de Valenciennes en compte 41,2 %.

Des problèmes de logement. Les patients reçus au centre de Valenciennes sont près de 30 % à être sans logement fixe tandis que ces patients ne représentent que 13 % des personnes accueillies dans l’ensemble des centres. M.Ghu


Santé – Google Actualités

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