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Le sixième sens est celui du nombre – Blog Le Monde (Blog)

On avait la “bravitude”, voici désormais la “numérosité”… Avant de commencer les explications, je vous prie de regarder brièvement l’image ci-dessus. Dites-vous combien de personnages y sont représentés, mais sans les compter. C’est fait ?

Il y a de très fortes chances que vous ayez trouvé la bonne réponse, à savoir cinq, et ce sans avoir été obligé(e) de passer par la phase un, deux, trois, quatre et cinq. La numérosité, c’est cela, cette capacité à évaluer précisément le nombre d’éléments présents dans un ensemble en sautant l’étape du comptage. Cette capacité est excellente pour les petits groupes et son efficacité décroît rapidement dès que le nombre d’items dépasse la demi-douzaine ou la dizaine. On la retrouve chez les très jeunes enfants, chez les membres de tribus n’ayant que peu de mots pour les nombres ainsi que chez des singes. D’où l’idée que la numérosité, à laquelle le chercheur français Stanislas Dehaene a consacré plusieurs de ses travaux, serait inscrite biologiquement en nous et constituerait un véritable sens du nombre.

Peut-on néanmoins la mettre sur le même pied que les cinq sens classiques ? C’est la question que se sont posée des chercheurs néerlandais à l’occasion d’une étude publiée dans Science du 6 septembre. Ils sont partis de l’idée que la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût disposent tous dans le cerveau d’un pré carré, d’une zone particulière qui leur est dévolue et où sont traitées les informations sensorielles. Au point que l’on peut dresser une carte topographique cérébrale de chaque sens, laquelle reflète la structure et le fonctionnement de l’organe sensoriel correspondant. On parle par exemple du cortex visuel, une sorte de pays découpé en plusieurs régions ou départements s’occupant qui des couleurs, qui des formes, qui du mouvement, etc… Même si nous ne disposons pas d’un organe spécifique pour le dénombrement, ces scientifiques se sont demandé s’il existait ou non un pré carré pour la numérosité.

Pour le déterminer, cette équipe a utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), laquelle permet de visualiser les zones du cerveau qui sont activées lors d’une tâche spécifique. En l’occurrence, il s’agissait, pour huit “cobayes” de dénombrer sans les compter des points sur un écran. Comme on peut le voir sur l’image ci-contre, l’exercice comportait plusieurs variantes : les points pouvaient avoir une taille constante, être répartis au hasard dans le cadre, mais ils pouvaient aussi être regroupés ou remplacés par d’autres formes géométriques comme des triangles, des rectangles ou bien des étoiles. La surface des points pouvait aussi varier suivant deux règles : ou bien la surface totale des points présents à l’écran restait inchangée (première ligne), ou bien c’était la somme de leurs circonférences qui ne bougeait pas (troisième ligne).

Cette série d’expériences a permis de mettre en évidence que le traitement de la numérosité se faisait toujours au même endroit, dans un recoin du cortex pariétal postérieur à peine plus grand en surface qu’un timbre-poste. Le fonctionnement de ce groupe de quelques dizaines de milliers de neurones semblait exactement le même chez tous les individus testés. D’une part l’espace de cerveau consacré au dénombrement était inversement proportionnel au nombre d’éléments – peut-être parce que, sur le plan évolutif, il est plus important d’identifier avec justesse les petites quantités que les grandes. D’autre part les neurones dédiés à l’identification de ces petites quantités se trouvaient toujours du même côté de la région tandis que ceux travaillant sur les grandes quantités étaient localisés à l’opposé. Il existe donc bien une organisation topographique de la numérosité, comme s’il s’agissait d’un sixième sens. En revanche, il n’y a pas de relation particulière entre la perception des quantités et les représentations symboliques que sont, par exemple, les chiffres arabes.

Ce travail confirme que la capacité à dénombrer sans compter est bien une capacité biologique inscrite dans notre cerveau, ce qui bouscule un tantinet la frontière bien établie entre d’un côté le traitement des stimuli primaires issus des organes sensoriels et, de l’autre côté, la gestion des notions abstraites comme les nombres. Tout comme nous serions “pré-câblés” pour le langage, nous serions équipés à la naissance pour manipuler les nombres. Les auteurs de l’étude s’interrogent d’ailleurs sur l’implication de la numérosité dans l’apprentissage de l’arithmétique. Se pose aussi la question du rôle que peut jouer le sens du nombre dans toutes les décisions que nous prenons au quotidien et qui dérivent d’évaluations quantifiées, en particulier nos choix économiques.

 Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)


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