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Les Roms en Europe : les mensonges français – Le Point

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“Si je ne me trompe, il y a de l’élection dans l’air en France. À chaque fois qu’on ne veut pas parler de choses importantes comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms. Nous avons des règles européennes qui ont été signées par la France, des règles sur la libre circulation des citoyens européens.” Ce n’est pas la première fois que Viviane Reding intervient dans des polémiques françaises autour de la libre circulation. Cette fois, c’est sur France Info que la commissaire européenne à la Justice, qui est aussi vice-présidente de l’institution, s’est lâchée, en réponse aux propos de Manuel Valls affirmant que les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie et jugeant leur mode de vie “en confrontation” avec celui des Français.

Ces propos ont fait du bruit. Comme ceux de Jean-François Copé et de Marine Le Pen, qui affirment que la Roumanie et la Bulgarie (d’où proviennent la majeure partie des 20 000 Roms en France), entrées dans l’Union européenne en 2007, pourraient rejoindre l’espace Schengen en 2014. Vrai ? Faux ? Le décryptage du Point.fr

La Roumanie et la Bulgarie privées de Schengen

“Je demande que la Roumanie et la Bulgarie n’entrent pas dans Schengen tant que la question de la circulation des Roms n’aura pas été réglée.” Que Jean-François Copé se rassure : la Roumanie et la Bulgarie n’entreront pas dans l’espace unique européen de si tôt, et surtout pas dès le 1er janvier 2014. L’espace Schengen abolit les frontières entre 26 pays de l’UE (moins le Royaume-Uni, l’Irlande, Chypre, la Croatie, la Roumanie et la Bulgarie) et hors UE (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein). On y voyage sans passeport. D’où la nécessité d’avoir des frontières extérieures les plus hermétiques et contrôlées possible, avec des forces de police, de justice et de douane efficaces. Manquant de confiance dans la capacité de Bucarest et de Sofia à assurer leur mission de contrôle, plusieurs États membres, Pays-Bas en tête, mettent constamment leur veto à leur entrée dans Schengen.

Copé insiste en demandant à François Hollande de “sortir du flou” sur cette question. Il oublie sans doute que c’est la France de Nicolas Sarkozy qui avait proposé, en octobre 2011 et en accord avec l’Allemagne, d’autoriser une entrée partielle de ces deux pays dans Schengen : d’abord pour les transports maritimes et aériens puis, à une date non déterminée, par les voies terrestres. Proposition rejetée, donc.

Le droit de travailler pour tous

Mais, en matière de flou, Schengen fait figure de poudre jetée aux yeux des électeurs. Car l’intégration des deux pays d’où proviennent une grande partie des Roms en France ne changerait rien aux droits dont jouit cette communauté, identiques à ceux des 500 millions de citoyens de l’UE. “Ne pas être dans Schengen n’empêche nullement les Roumains et les Bulgares de circuler librement. Ils peuvent juste être soumis à des contrôles aux frontières, au même titre que les Anglais par exemple”, explique Olivier Bailly, porte-parole de la Commission européenne.

Depuis ses débuts, en 1957, la construction européenne a visé à établir des droits fondamentaux communs à tous les citoyens, basés sur un principe qui constitue le socle de l’UE : la libre circulation des hommes et des biens.

– La liberté de résidence : tout Européen peut s’installer librement dans le pays de l’UE de son choix. Au bout de trois mois, il doit disposer d’un emploi “pour ne pas être une charge pour la collectivité”, explique Olivier Bailly.

– La liberté de travailler : quand elles ont adhéré à l’UE en 2007, la Roumanie et la Bulgarie se sont vu imposer un délai de sept ans avant de bénéficier sans restriction de ce droit. Pendant cette période, un permis est délivré pour un emploi dans 291 secteurs, dans le bâtiment, la restauration, etc. En pratique, c’est juste une formalité. C’est cette restriction qui tombe au 1er janvier 2014.

Ces droits sont inscrits dans les traités européens ainsi que dans les traités d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, signés par tous les chefs d’État et de gouvernement, Jacques Chirac pour la France.

L’accueil et l’intégration des Roms

“Nous avons développé, en accord avec les États membres, une stratégie d’intégration des Roms dans le pays de leur choix. Celle-ci implique des règles et des droits”, indique Olivier Bailly. Chaque pays peut faire appel à trois types de subventions européennes. À ce jour, la France y a eu recours pour 53 projets d’intégration professionnelle pour un total de 4 millions d’euros. C’est peu. “La stratégie existe, l’argent est là. Ce qui fait défaut, ce sont les projets concrets”, affirme la Commission, qui ajoute : “Le traitement de la communauté rom par certains États membres n’est pas digne de ce que nous voudrions voir en Europe au XXIe siècle.”

Et la France ne fait pas figure d’exception. En effet, les Roms sont rarement les bienvenus en Europe : dans la plupart des cas, les pays peinent à leur assurer des conditions de vie décentes, malgré le lancement de programmes d’insertion.


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