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Médecins spécialistes : le palmarès des hausses – La Tribune.fr

Beaucoup trop. Les tarifs des médecins spécialistes n’ont cessé d’augmenter depuis 1980. Ils ont même doublé (hors inflation) depuis 1990 et progressé de 1,7% (deux fois l’inflation) entre juillet 2012 et juillet 2013. Tel est le sombre constat que dresse l’UFC Que Choisir dans une étude publiée ce mercredi, à la veille de la présentation du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Les gynécologues pratiquent les dépassements d’honoraires les plus excessifs

Dans le détail, l’institut de protection des consommateurs a étudié les tarifs pratiqués à travers le pays par les pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues. Résultat : ces derniers remportent la palme des dépassements d’honoraires les plus élevés, avec une moyenne de 55,7 euros la consultation, soit près du double du tarif de base de remboursement de la Sécurité sociale qui est de 28 euros.

A Paris, il n’est pas rare de trouver des praticiens demandant jusqu’à 150 euros la consultation, soit plus de cinq fois le tarifs de base. Les ophtalmologistes arrivent en seconde position avec une moyenne de 49,8 euros par consultation. Les pédiatres s’avèrent les plus sages en demandant 46,2 euros par rendez-vous en moyenne.

C’est néanmoins chez les pédiatres que l’UFC a constaté la plus forte hausse tarifaire en un an. Leurs tarifs ont augmenté de 7%, contre 1,5% du côté des gynécologues et 0,7% pour les ophtalmologistes.

>> Tarifs excessifs: 500 médecins dans le collimateur de l’assurance maladie

L’Assurance maladie a d’ailleurs envoyé mi-août plus de 500 courriers à des médecins dont les dépassements d’honoraires – selon l’Assurance maladie, près de 30.000 médecins pratiquent des dépassements d’honoraires – sont jugés excessifs, en conformité avec l’accord signé fin octobre 2012 visant à les limiter grâce à un contrat d’accès aux soins (CAS).

Mais selon l’UFC, le nouveau contrat d’accès aux soins (CAS), qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, ne permettra pas de remédier à la “fracture sanitaire” constatée. Et pour cause, il ne s’appliquera qu’aux médecins volontaires dont on attend “seulement” un gel du tarif moyen. Sachant que les médecins les plus “inflationnistes” pourront rester en dehors du dispositif et conserver leur liberté tarifaire et que les nouveaux médecins qui le souhaitent pourront choisir le secteur 2, selon les mêmes conditions qu’actuellement.

Le secteur 2, à l’origine de la fracture sanitaire?

Or, l’UFC estime que le problème vient principalement de ce secteur 2, qui permet aux médecins de fixer librement le prix de leurs consultations. Contrairement aux médecins dits “conventionnés”, exerçant en secteur 1 dont les tarifs ne peuvent excéder le tarif de base de remboursement de la sécurité sociale.

A l’origine le secteur 2 à honoraires libres, créé dans les années 1990, devait être provisoire, explique l’UFC. Or, les années passent et celui-ci demeure, sachant que les jeunes médecins qui arrivent sur le marché sont plus nombreux que la génération précédente à opter pour ce secteur, comme l’illustre le schéma de l’UFC:

jeunes medecins specialistes

Toujours selon l’enquête de l’UFC, 35% des pédiatres, 57% des ophtalmologistes et 59% des gynécologues exerceraient en secteur 2. ce qui revient à une moyenne de 53% des spécialistes qui pratiquent des dépassements d’honoraires. “Dans les grandes villes, les patients n’ont pas le choix“, déplore Alain Bazot en présentant les résultat de l’étude.

Les solutions brutales de l’UFC-Que Choisir

Seule solution, brutale, pour l’UFC donc:  fermer l’accès au secteur 2 aux jeunes médecins entrant dans la profession. L’institut estime qu’il faudrait aussi plafonner dès à présent les dépassements d’honoraires à 40% du tarif de la sécurité sociale. Ce qui signifierait, pour un médecin spécialiste, facturer entre 28 et 39,2 euros la consultation….

Une énorme différence pour les pédiatres de l’ouest parisien qui n’hésitent pas à prendre entre 80 et 120 euros par consultation, mais aussi pour leurs…clients (patients?). Pour l’heure, l’UFC compte solliciter les parlementaires afin d’étudier ces propositions.


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