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Qui était Arsène Wenger avant Arsenal? – BFMTV.COM

Eric Di Meco, vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Arsène Wenger?

C’était en juillet 1986. Je suis prêté à Nancy par l’OM. C’était Bernard Zénier qui devait aller là-bas. Finalement, il est allé à Metz et il a conseillé à Aldo Platini de me récupérer. Je crois qu’Arsène ne devait même pas savoir qui j’étais. Mais je venais de faire la finale de la Coupe de France, donc il avait peut-être regardé.

Quelle impression vous fait-il à ce moment-là ?

Il avait 36 ou 37 ans. Avec ses lunettes, il faisait très intello. Malgré son jeune âge, il avait une autorité naturelle. On voyait très vite qu’il avait un truc. Il était très impliqué dans le travail tactique.

Vous le retrouvez ensuite à Monaco en 1994. Quelle différence notez-vous ?

Pas grand-chose. Ce qui m’avait marqué, c’était son implication à tous les étages du club. A Nancy, il s’occupait de tout. Et à Monaco, c’était le patron. Sur le terrain mais aussi en dehors du terrain, dans le recrutement, la gestion financière… C’est quelqu’un qui a toujours tout fait. Il délègue rarement, ou alors vraiment à des gens de confiance. 

Quelle était sa vision du foot ?

Il a toujours insisté sur le jeu. J’ai le souvenir d’un amoureux de la Bundesliga. On le voit encore à Arsenal. Il y avait une grosse partie physique en début de saison, mais les entraînements étaient tournés vers le jeu. A Nancy, en 86-86, on descend mais on joue. Trop d’ailleurs, pour une équipe qui risque de descendre. A aucun moment, il ne nous a dit : « On change, on met des coups ». Même si l’apprentissage a été difficile, cet état d’esprit paye aujourd’hui puisqu’il est reconnu pour faire bien jouer ces équipes.

Comment se comportait-il avec les joueurs ?

Il a un abord froid. Mais c’est vraiment un entraîneur qui aime ses joueurs. Il a fait venir à Arsenal beaucoup de jeunes joueurs qu’il avait eu à Monaco. C’était quelqu’un avec qui on pouvait parler. Sa porte était toujours ouverte.

Après Monaco, il part pour le Japon. Pourquoi ?

Je ne sais pas ! (Rires) Il fait quelques matchs en 1994-1995 et il est remercié assez rapidement. Moi, je suis allé à Monaco pour lui. Ça a été une déception.

Un journal anglais titre « Arsène Who ? » à son arrivée à Arsenal. Pourquoi ça a marché ?

Grâce à ce côté très pro, sans concession. Il a fait jouer son équipe comme une équipe « française ». Là-bas, avant, c’était que des longs ballons. Il a imposé sa patte rapidement, de façon presque autoritaire et politique. Ça a forcé le respect. Et surtout, les supporters se sont régalés parce que ça a gagné très vite.

Il est le spécialiste du lancement de jeunes. Est-ce par conviction ou contrainte ?

Par conviction. Ça a toujours été le cas. A Nancy, je me rappelle de David Zitelli, qu’il n’a pas hésité à faire jouer alors qu’il n’avait pas encore 17 ans. Et à Monaco, il lance Thuram, Henry, Petit… Pourtant, Monaco avait des moyens et de grands joueurs. Ça fait partie de ses convictions, de ses qualités. Il sent tout de suite le jeune qui a du potentiel.

Il fête son 1 000e match avec Arsenal, ça représente quoi ?

C’est un grand exploit. De nos jours, un entraîneur qui arrive à rester deux ou trois ans dans le même club, c’est déjà un exploit. Donc rester aussi longtemps, malgré le vent contraire parfois et une politique pas toujours comprise par les supporters, c’est un véritable exploit.

Comment voyez-vous son avenir ?

A un moment, je pensais qu’il deviendrait sélectionneur de l’équipe de France. Là, je crois que ça ne se fera jamais. Malheureusement…  Je le vois entraîner très, très longtemps encore. Comme Sir Alex Ferguson, c’est sa vie. Si ses dirigeants ne le remercient pas, je le vois rester encore longtemps à Arsenal. Arsène, ce n’est pas un vadrouilleur.


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