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Un nouveau plan contre les drogues et addictions centré sur la … – La Voix du Nord

Mieux prévenir les consommations addictives des jeunes, renforcer la lutte contre les trafics de drogue en l’adaptant aux évolutions technologiques : le gouvernement lance son nouveau plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives.

 Le plan présenté par le gouvernement est particulièrement à destination des jeunes . AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK AFP Le plan présenté par le gouvernement est particulièrement à destination des jeunes . AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Ce plan s’étend sur quatre ans (2013-2017). Il permet « de dépasser les clivages habituels entre tenants de la réponse sanitaire et tenants de la réponse pénale », assure Matignon. Il est « très orienté sur la prévention, notamment en direction des jeunes », a précisé Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), qui l’a préparé. Car « rares sont les jeunes de 17 ans qui à cet âge n’ont expérimenté aucun des trois principaux produits que sont l’alcool, le tabac et le cannabis », souligne-t-elle.

Pour y faire face, elle veut valoriser les consultations jeunes consommateurs (CJC), animée par des professionnels de la santé, qui accueillent les jeunes de moins de 25 ans, évaluent leur addiction et les aident à y mettre fin. Ces CJC, au nombre de 400 sur le territoire, restent pour l’instant assez méconnues.

« L’idée est de faire en sorte que les professionnels de ces consultations aillent vers les jeunes et leurs parents », dans les écoles, les lycées, les centres de formation, les foyers de jeunes travailleurs, les missions locales, précise Mme Jourdain-Menninger.

Insistant sur un repérage le plus précoce possible, le plan prévoit de développer la formation de tous ceux qui interviennent auprès des jeunes, mais aussi de développer sur les réseaux sociaux et « dans les langages qu’ils comprennent » des campagnes de communication « sans porter un discours hygiéniste ou moralisateur dont il est établi qu’il est contre-productif ».

Autres populations ciblées, les femmes enceintes, qui renoncent parfois aux soins de peur d’être stigmatisées à cause de leur consommation, et les personnes très éloignées des dispositifs d’aide, pour qui doit se développer encore davantage un travail de proximité.

« Nouvelles stratégies thérapeutiques »

La Mildt veut développer de « nouvelles stratégies thérapeutiques », comme le Repérage précoce et intervention brève (RPIB), pour réduire les consommations excessives d’alcool, très fréquentes notamment chez les jeunes, ou « Quit the shit », programme allemand de sevrage cannabique en ligne, sur 50 jours. En matière pénale, conformément à la position affichée par le gouvernement, « je ne vais pas vous dire qu’on va revenir sur la loi de 1970, ou qu’on va dépénaliser le cannabis. Les gens ne comprendraient pas alors qu’on sait les effets très destructeurs du cannabis sur le cerveau, notamment des jeunes », souligne Mme Jourdain-Menninger.

Mais elle insiste sur « une politique pénale adaptée, ni complaisante, ni laxiste », avec une « articulation santé-justice », qui peut passer par les CJC ou des stages de sensibilisation, lesquels sont jusqu’à présents « très inégaux » sur le territoire et doivent être remis à plat.

Pour contrer les trafiquants, qui « explorent de nouvelles routes et de nouveaux vecteurs d’acheminement des produits » (par voie maritime ou Internet, par exemple), la Mildt s’adapte également: expérimentation (déjà en cours) des amendes douanières pour les acheteurs de drogue, intensification de la surveillance sur internet, financement de matériel de pointe pour détecter les nouvelles drogues de synthèse, renforcement de la coopération européenne.

Face au développement des cannabiculteurs, le plan prévoit de «couper court aux idées reçues sur les vertus bio du cannabis issu de ces cultures», mieux informer le grand public sur l’existence d’«usines à cannabis» aux mains de réseaux criminels et intensifier la surveillance des canaux d’accès à la production locale (achat de graines, etc.).

Enfin, «il nous faut changer notre regard sur les consommateurs de produits stupéfiants, sans complaisance mais avec compréhension», souligne Mme Jourdain-Menninger, qui entend faire de la future «salle de shoot», qui doit voir le jour en novembre à Paris, un outil de «médiation sociale».

Après «des années passées à subir une Mildt uniquement axée sur le volet répressif», Aides note quelques «avancées» dans ce nouveau plan, «comme la reconnaissance du matériel pour le sniff et l’inhalation des drogues comme outil de réduction des risques, ou le focus sur les femmes usagères». «Malheureusement, les mesures tant attendues sur l’accès aux seringues en milieu carcéral ou la diversification de la palette des traitements de substitution attendront visiblement encore un moment», dit l’association dans un communiqué. «Une grande partie des usagers de drogues massivement touchés par l’hépatite C ne peuvent pas attendre», affirme-t-elle.

Aides relève aussi que «le plan reste atone sur l’éducation à l’injection». L’association, avec Médecins du Monde et le soutien de l’agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS), expérimente depuis 2011 ce modèle d’intervention auprès des usagers de drogues par injection, dans huit villes de France. «Il reste un obstacle de taille à la mise en place de dispositifs innovants», dit Aides: «la loi de 1970 et ses effets dévastateurs pour la santé des usagers de drogues». Cette loi, qui règlemente l’usage de stupéfiants en France, considère l’usager de drogues comme un individu à la fois délinquant (l’usage de drogue est passible d ’emprisonnement ferme) et malade (des exemptions de poursuites pénales sont possibles pour les toxicomanes qui acceptent de se soumettre à une cure de désintoxication).

«L’usager simple continuera d’être inutilement pénalisé» souligne le Réseau français de réduction des risques. «A cause des nouvelles drogues de synthèse, on aurait pu avoir par exemple un début de réponse graduée selon la nocivité des produits, comme l’a proposé la Commission européenne, en n’utilisant la pénalisation qu’en dernier recours», estime le coordinateur du Réseau, Pierre Chappart. «Là où le plan est décevant, ajoute-t-il, ce sont sur les expérimentations de dispositifs innovants,» comme «les programmes d’échange de seringues en prison, pourtant promis par Marisol Touraine et François Hollande pendant sa campagne», l’éducation à l’injection ou «la substitution injectable et les programmes d’héroïne médicalisés», qui ont pourtant «fait leur preuve dans d’autres pays». Il regrette également que le plan n’évoque pas la distribution de naloxone, un produit qui permet de prévenir les overdoses, pour les usagers qui sortent de prison ou de cure. Il existe un haut risque de surdose pour les personnes qui réutilisent des opiacés juste après une période d’abstinence.


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