07212017Headline:
escort beyoglu

Un plan d’urgence pour les urgences – JIM.fr

Paris, le 1er octobre 2013 – Le professeur Pierre Carli, chef du service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital Necker et président du Conseil national de l’urgence hospitalière, a remis hier matin son rapport sur les urgences au ministre de la Santé. Ce rapport intervient à quelques jours d’un mouvement de grève du zèle aux urgences prévu pour le 15 octobre et alors que continue la polémique sur  la fermeture de l’Hôtel Dieu.

Ce document de 16 pages préparé par l’équipe de la commission nationale des urgences hospitalières (CNUH) se fixe comme principal objectif de diminuer l’attente des patients et le temps passé par les médecins à rechercher des « lits d’aval » autrement dit des lits d’hospitalisation.

Le contrôle de l’amont : un lieu commun inopérant

Le rapport rappelle que « au cours de l’hiver 2012-2013 une saturation importante et durable des structures d’urgence (ou services d’urgences) a été constatée. La surcharge des services d’urgences est un facteur de non-qualité provoquant une morbi-mortalité supplémentaire et allonge la durée de séjour des patients. De même, des travaux internationaux objectivent une relation directe entre la surcharge des urgences et la saturation des lits d’aval ».

Pour la commission le problème d’engorgement des urgences est donc d’abord celui de l’hospitalisation des malades en « aval ».

« Le contrôle de « l’amont » en tentant d’empêcher la venue aux urgences de patients qui « n’en n’auraient pas besoin » est un lieu commun dont l’effet en pratique serait de toute façon limité (ne serait ce que par l’offre de soins ambulatoire existante). Cette notion est renforcée par des études récentes qui ont montré que l’arrivée supplémentaire de « malades légers » aux urgences influençait peu le temps de passage de l’ensemble des malades, montrant l’inutilité de diminuer leur arrivée aux urgences pour diminuer les délais d’attente ».

Du “gestionnaire de lits d’aval” au “salon de sortie”

Pour atteindre ces objectifs, le Pr Carli préconise :

– la création d’une fonction de  “gestionnaire de lits d’aval” qui serait chargé de faire le  lien entre les besoins des urgences et les possibilités d’accueil des services ; 
– d’ouvrir des lits polyvalents pour s’adapter aux variations prévisibles de l’aval des urgences ;
– l’optimisation des lits d’un même établissement sur le modèle du bed management (sic) ;
– la création d’une commission de l’admission et des soins non programmés qui serait chargée d’édicter des règles claires pour pouvoir déprogrammer des hospitalisations de malades non urgentes au cas où les urgences manquent de lit. Elle organiserait les fermetures de lits, notamment l’été, ou déclencherait le plan « Hôpital en tension » si l’hôpital était saturée; 
– la mise en place de consultations spécialisées non programmées;
– de valoriser la participation à ces mesures par des mesures d’intéressement directes ou indirectes;
– la mise en place de « salons de sortie » comme il en existe au CHU de Metz. Les patients devant rentrer chez eux n’attendraient plus leurs familles dans leur chambre avant de sortir, mais dans un salon.

Des brigades volantes d’urgentistes

Après la publication de ce rapport Marisol Touraine a annoncé la mise en place de plans de recrutement prioritaires et l’ouverture de lits dédiés aux urgences dans certains services hospitaliers. Par ailleurs des équipes territoriales d’urgentistes seront disponibles pour intervenir ponctuellement si un problème imprévu engorgeait un service d’urgence.

« Les agences régionales de santé ont identifié plusieurs établissements nécessitant des moyens supplémentaires en personnel, lits ou organisation des locaux avant l’hiver. En concertation avec les ARS, nous répondrons à leur demande » a-t-elle indiqué.

Elle a enfin précisé que 162 établissements allaient tester les propositions du Pr Carli durant les trois prochaines années.

Des réactions syndicales convenues

Pour le Dr Gérald Kierzek, chef de file de la lutte contre la fermeture des urgences de l’Hotel Dieu, ce rapport « fait des bonnes recommandations. Mais le problème est que, dans les faits et notamment à Paris, c’est l’inverse qui se passe. Les structures ne sont pas souples, les lits sont ultra-spécialisés, on ferme trop de lits en psychiatrie. C’est pourquoi il faut développer des modèles avec des lits généralistes, des filières d’accueil du patient courtes. Ce rapport ne doit pas être un effet d’annonce ». Le Dr Patrick Pelloux, juge (comme on ne pouvait en douter) au micro d’Europe 1 les propositions «très insuffisantes. Pas un mot sur les moyens. Rien sur les moyens à développer pour les périodes de tension comme l’hiver. Et aucune annonce de la ministre».

Ainsi pour le président de l’AMUF: « depuis des années, les hôpitaux ferment des lits, il est nécessaire d’inverser cette tendance pour mettre en application ces mesures ». Il s’est dit tout de même satisfait que le sujet soit enfin discuté. 

Frédéric Haroche



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE


Santé – Google Actualités

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment

*

code

trapez sac fiyatlari kacak bahis