
Les employés du musée du Louvre prévoient de se mettre en grève à partir du 15 décembre pour dénoncer leurs conditions de travail et leur rémunération, un mouvement social qui vient
s’ajouter aux difficultés d’un établissement déjà secoué par un spectaculaire vol de bijoux et plusieurs incidents récents d’infrastructure.
Trois syndicats ont adressé lundi un préavis de grève au ministère de la Culture, a confirmé Elise Muller, représentante du syndicat Sud. L’ouverture du musée le 15 décembre dépendra du nombre de salariés qui participeront au mouvement.
«Cette lettre constitue un préavis de grève pour l’ensemble du personnel du Louvre, pour la nuit précédant le 15 décembre 2025 et pour les jours suivants jusqu’à satisfaction des revendications », écrivent les syndicats.
Selon eux, les agents du Louvre sont surmenés, en sous-effectif et pénalisés par une mauvaise gestion. Ils réclament des embauches supplémentaires, des hausses de salaires et une réorientation des dépenses du musée.
Le Louvre et le ministère de la Culture n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Cette nouvelle pression intervient alors que la directrice, Laurence des Cars, fait face à de vives critiques depuis un cambriolage survenu en octobre, au cours duquel des voleurs se sont emparés de bijoux estimés à 102 millions de dollars. La Cour des comptes et d’autres observateurs ont pointé un investissement insuffisant dans la sécurité et la maintenance des infrastructures, alors même que le musée consacrait des sommes importantes à l’acquisition d’œuvres — dont seule une partie est exposée — et à des projets de relance post-pandémie.
Des Cars a reconnu des défaillances de sécurité et a proposé sa démission après le vol, mais la ministre de la Culture, Rachida Dati, l’a refusée. Elle a depuis fait part de sa « déception et surprise » face à l’état du musée lorsqu’elle en a pris les rênes en 2021 après avoir dirigé le Musée d’Orsay.
En novembre, le Louvre a dû fermer une galerie en raison de faiblesses structurelles dans une aile datant des années 1930. Ce week-end, une fuite d’eau a endommagé des centaines de livres anciens dans le département des antiquités égyptiennes.
«Le personnel a le sentiment d’être la dernière ligne de défense avant l’effondrement du musée », écrivent les syndicats dans leur courrier au ministère.
Les syndicats dénoncent également une hausse de 45 % du prix des billets pour les touristes non européens, prévue pour la mi-janvier — une augmentation que le musée justifie par la nécessité de financer des rénovations urgentes. Foto-Dennis G. Jarvis, Wikimedia commons.


















































































































































































