
La France vaccinera près d’un million de bovins dans les semaines à venir afin de lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse, a annoncé samedi la ministre de l’Agriculture Annie
Genevard, tandis que des éleveurs manifestaient contre les abattages massifs ordonnés par les autorités.
Cette maladie virale très contagieuse, transmise par des insectes et touchant les bovins et les buffles, a provoqué plusieurs foyers à travers le pays. Bien qu’elle ne présente aucun danger pour l’homme, elle entraîne des lésions cutanées, une baisse de la production laitière et, souvent, des restrictions commerciales aux lourdes conséquences économiques pour les éleveurs.
Les autorités ont confirmé la détection d’un nouveau foyer dans le département de la Haute-Garonne, à la frontière espagnole, alimentant les inquiétudes quant à une propagation vers le sud.
Les décisions d’abattage à grande échelle ont suscité la colère des agriculteurs, qui jugent ces mesures excessives. Samedi, des manifestants ont bloqué plusieurs entrées et sorties de péage sur l’autoroute A64 dans le département des Hautes-Pyrénées, selon les autorités locales. Des dépôts de fumier ont également été signalés à proximité de bâtiments administratifs à Tarbes, perturbant la mise en œuvre de la campagne de vaccination.
« Nous allons vacciner près d’un million d’animaux dans les semaines à venir et protéger les éleveurs », a déclaré Annie Genevard sur le réseau de radios locales ICI. Elle a assuré que l’État indemniserait les pertes liées aux abattages ainsi que les pertes d’exploitation.
La stratégie française repose sur la vaccination, les restrictions de mouvements et l’abattage total des troupeaux infectés, une approche que le gouvernement juge indispensable pour contenir la maladie et préserver les exportations de bovins. La ministre a déjà averti qu’en cas de propagation incontrôlée, la maladie pourrait entraîner la mort d’au moins 1,5 million de têtes de bétail.
Cette ligne est soutenue par la FNSEA, principal syndicat agricole, qui estime qu’un échec de l’éradication conduirait à des interdictions d’exportation et porterait un coup sévère à la filière.
À l’inverse, la Coordination Rurale (CR), syndicat concurrent, s’oppose aux abattages systématiques et plaide pour des mesures ciblées et des protocoles de quarantaine.
« Il n’est pas question d’abattre des animaux sains dans les Pyrénées simplement parce qu’ils appartiennent à un troupeau dans lequel un animal prétendument malade a été détecté », a déclaré Léon Thierry, coprésident de la CR dans les Pyrénées-Atlantiques.
Annie Genevard a précisé que la vaccination serait obligatoire et que l’abattage total resterait nécessaire dans certains cas, soulignant que la maladie peut être asymptomatique et difficile à détecter.
Selon le ministère de l’Agriculture, la France a recensé 110 foyers dans neuf départements et procédé à l’abattage d’environ 3 000 animaux. Près de six millions d’euros ont été versés aux éleveurs depuis la détection du premier foyer le 29 juin. Foto-Keith Weller/USDA, Wikimedia commons.


















































































































































































