
La Russie a fait une « proposition » à la France concernant le sort du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024 et désormais poursuivi
pour espionnage, des accusations passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison, a déclaré le Kremlin jeudi.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que des contacts avaient eu lieu entre Moscou et Paris et qu’une offre avait été formulée à la partie française, sans en préciser les termes. « La balle est maintenant dans le camp de la France », a-t-il déclaré aux journalistes.
Cette annonce a ravivé l’espoir d’une libération prochaine pour la famille de Laurent Vinatier. L’Élysée a indiqué que le président Emmanuel Macron était « pleinement mobilisé » pour obtenir sa libération « le plus rapidement possible », soulignant que le chercheur était détenu de manière « arbitraire ».
Âgé de 49 ans, Laurent Vinatier travaille pour une ONG suisse spécialisée dans la médiation des conflits. Il a été condamné par un tribunal russe à trois ans de prison pour ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger », une obligation prévue par la loi russe. Il fait désormais face à de nouvelles accusations d’espionnage, rejetées par ses soutiens et par les autorités françaises.
Sa famille estime qu’il est devenu une victime de la dégradation des relations entre Moscou et Paris depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Son avocat, Frédéric Belot, a évoqué la possibilité d’un échange de prisonniers, tout en appelant à la plus grande prudence. La mère du chercheur, Brigitte Vinatier, a déclaré à la télévision française que son fils allait bien et faisait preuve de « résilience ».
Les pays occidentaux accusent de longue date la Russie d’arrêter des ressortissants étrangers afin de les utiliser comme leviers de négociation pour obtenir la libération de Russes détenus à l’étranger. Laurent Vinatier fait partie de plusieurs citoyens occidentaux arrêtés en Russie depuis février 2022.
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré la semaine dernière qu’il examinerait le dossier Vinatier après avoir été interrogé par un journaliste français, ajoutant que si une solution « favorable » était juridiquement possible, la Russie ferait « tout son possible » pour la mettre en œuvre.
Le Kremlin a également indiqué que Vladimir Poutine était prêt à un dialogue avec Emmanuel Macron, qui a appelé à la libération de Laurent Vinatier et dénoncé des accusations relevant de la « propagande » et « sans rapport avec la réalité ».
Lors de son premier procès, Laurent Vinatier avait présenté ses excuses pour ne pas s’être enregistré comme agent de l’étranger, affirmant qu’il ignorait cette obligation et assurant que son travail visait à présenter les intérêts de la Russie dans les relations internationales. Il a ensuite déclaré se sentir traité comme une monnaie d’échange. Foto-Dickelbers, Wikimedia commons.
















































































































































































