Le gouvernement français a franchi un premier obstacle majeur dans l’adoption du budget 2026, en survivant vendredi à une motion de censure déposée à l’Assemblée nationale après avoir eu
recours à des pouvoirs constitutionnels pour contourner un vote final des députés.
La motion, présentée par La France insoumise avec le soutien des écologistes et des communistes, a recueilli 269 voix, bien en deçà des 288 nécessaires pour faire chuter le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Ce vote fait suite à l’activation de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet au gouvernement d’adopter un texte sans vote parlementaire, sauf si une motion de censure est adoptée. Cette fois, l’exécutif a utilisé ce mécanisme pour faire adopter la partie recettes du budget.
Un second vote de censure doit intervenir prochainement. Si cette motion échoue également, Sébastien Lecornu prévoit d’avoir de nouveau recours à l’article 49.3 pour imposer la partie dépenses du budget — une décision qui devrait presque certainement provoquer de nouvelles motions de censure.
Le gouvernement minoritaire d’Emmanuel Macron s’appuie de plus en plus sur ces procédures exceptionnelles après des mois de négociations infructueuses pour tenter de faire adopter un budget de redressement des finances publiques dans une Assemblée profondément fragmentée, où aucun camp ne dispose de majorité absolue.
Cette impasse budgétaire a déjà entraîné la chute de deux gouvernements et plongé la vie politique française dans une instabilité rarement observée depuis la création de la Ve République en 1958. En attendant, la France fonctionne grâce à un budget reconduit de l’année précédente pour assurer la continuité de l’État.
Ces dernières semaines, Sébastien Lecornu a accordé des concessions de dernière minute au Parti socialiste, obtenant en échange l’engagement de ses députés de ne pas soutenir de motions de censure en cas de recours au 49.3.
Malgré cela, la tension politique reste vive. La dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, a averti que les élus ayant permis au gouvernement de se maintenir en place en paieraient le prix lors des prochaines échéances électorales, notamment aux élections municipales de mars et à la présidentielle de 2027.
«Les Français vous regardent », a lancé Marine Le Pen aux députés avant le vote. « Ils vous feront payer dans les urnes — non seulement pour la saignée budgétaire que vous leur imposez, mais aussi pour la méthode humiliante que vous utilisez.»
Le gouvernement affirme que le déficit budgétaire ne dépassera pas 5 % du produit intérieur brut en 2026, contre 5,4 % estimés pour 2025, un niveau toutefois encore largement supérieur au plafond de 3 % fixé par l’Union européenne.
Une seconde motion de censure, déposée par le Rassemblement national, a peu de chances d’aboutir, la gauche refusant traditionnellement de soutenir les initiatives de l’extrême droite.
Selon une source gouvernementale, l’exécutif s’attend à une adoption définitive de l’ensemble du budget 2026 au cours de la première quinzaine de février, mettant ainsi fin — au moins temporairement — à l’un des épisodes budgétaires les plus tendus de la présidence Macron. Foto-Jarosław Baranowski, Wikimedia commons.
















































































































































































