
L’ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères afin de s’expliquer sur ses contacts passés avec le financier américain Jeffrey Epstein,
décédé en 2019 et condamné pour des crimes sexuels, ont confirmé des responsables vendredi. Cette convocation intervient alors que la pression s’intensifie pour qu’il quitte la présidence de l’Institut du monde arabe à Paris, fonction qu’il occupe depuis 2013.
Âgé de 86 ans, Jack Lang nie toute connaissance des activités criminelles d’Epstein et affirme n’avoir jamais été impliqué dans des faits répréhensibles. Il a déclaré plus tôt dans la semaine avoir rencontré Epstein vers 2012 et l’avoir considéré uniquement comme une simple relation, intéressée par l’art et le cinéma. Selon lui, la présentation aurait été faite par le réalisateur américain Woody Allen.
La polémique s’est ravivée après la publication récente de documents par le département de la Justice américain, qui mettent en lumière l’ampleur du réseau international de Jeffrey Epstein. Ces fichiers montrent des échanges intermittents entre Jack Lang et Epstein de 2012 jusqu’à la mort de ce dernier dans une prison new-yorkaise en 2019, un décès que les autorités américaines ont qualifié de suicide.
Un courriel en particulier, envoyé par Jack Lang le 7 avril 2017 — soit près de dix ans après la condamnation d’Epstein en 2008 pour sollicitation de prostitution auprès d’une mineure — a attiré l’attention. Dans ce message, Lang remerciait Epstein pour un « moment splendide » et évoquait son « amitié » ainsi que son « extraordinaire générosité ».
Jack Lang a relativisé la portée de ces échanges. « Ce n’était pas un ami », a-t-il déclaré mercredi sur BFMTV, ajoutant qu’il connaissait peu Epstein et l’avait perçu comme quelqu’un de « passionné par l’art, la culture et le cinéma ». Il n’a pas réagi immédiatement à la dernière demande de commentaire.
Une source proche du président Emmanuel Macron a indiqué que l’Élysée et les services du Premier ministre avaient demandé aux ministres concernés de convoquer Jack Lang et de l’encourager à « penser à l’institution », une formule largement interprétée comme une invitation à envisager une démission dans l’intérêt de l’Institut du monde arabe. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé qu’un entretien avec Jack Lang était prévu dimanche.
Situé sur les quais de la Seine à Paris, l’Institut du monde arabe est une institution culturelle et scientifique majeure dédiée à la promotion et à la connaissance du monde arabe.
Selon une analyse de Reuters, le nom de Jack Lang apparaît plus de 600 fois dans les documents liés à l’affaire Epstein, bien qu’il n’ait fait l’objet d’aucune accusation pénale. « Je ne crains rien, je suis blanc comme neige », a-t-il affirmé mercredi sur la radio RTL.
Cette nouvelle vague d’attention s’inscrit dans un examen plus large des relations internationales de Jeffrey Epstein, impliquant de nombreuses personnalités politiques, culturelles et royales, dont le prince Andrew au Royaume-Uni et Peter Mandelson, ancien ambassadeur britannique aux États-Unis.
L’affaire a également eu des répercussions familiales. Lundi, Caroline Lang, la fille de Jack Lang, a démissionné de son poste de présidente de l’Union syndicale de la production indépendante, après la révélation de ses propres liens avec Epstein. Elle a expliqué au site d’investigation Mediapart avoir envisagé avec lui la création d’une société destinée à acheter des œuvres d’art, tout en précisant qu’aucun investissement n’avait finalement été réalisé.
Jack Lang et sa fille contestent toute implication fautive. Caroline Lang a déclaré à BFMTV qu’elle n’avait pris connaissance de la condamnation de Jeffrey Epstein en 2008 qu’en 2014, après que celui-ci lui a suggéré de faire une recherche sur Google. Foto-Osmar Arouck, Wikimedia commons.
















































































































































































