
Les dirigeants de l’Union européenne se sont mis d’accord pour accélérer les efforts visant à achever enfin le marché unique, promettant des actions décisives au
cours des deux prochaines années afin de lever les obstacles persistants au commerce transfrontalier.
S’exprimant à l’issue d’un sommet consacré à la compétitivité organisé au Alden Biesen estate, le président du Conseil européen Antonio Costa a souligné l’urgence de la situation. « Une Europe, un marché. C’est urgent et cela doit être fait en 2026 et 2027 », a-t-il déclaré.
Lors d’une conférence de presse tenue après la réunion en Belgique, Antonio Costa a précisé que les chefs d’État et de gouvernement souhaitaient progresser rapidement dans le démantèlement des barrières nationales qui fragmentent encore les échanges au sein de l’Union. Selon des estimations antérieures du International Monetary Fund, ces obstacles équivalent à un droit de douane moyen de 44 % sur les biens, un frein majeur à la croissance au sein du plus grand bloc commercial du monde.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a estimé que les discussions marquaient un véritable changement de perspective. « Mentalement, le saut du “marché unique” vers “un seul marché” a été franchi », a-t-il déclaré. « Si nous parvenons à concrétiser cela, l’histoire se sera écrite ici. Si cela échoue lamentablement, ce sera l’inverse. »
Au-delà des biens et des services, les dirigeants veulent également insuffler un nouvel élan à l’intégration, longtemps bloquée, des marchés de capitaux européens. Le président français Emmanuel Macron a averti que la patience s’amenuisait, indiquant qu’un nombre limité de pays pourrait avancer via une coopération renforcée si aucun accord entre tous les États membres n’est trouvé d’ici juin.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a tenu un discours similaire, rappelant qu’une coopération renforcée entre au moins neuf pays pourrait aussi accélérer le lancement de la future « 28e régime ». Cette initiative vise à instaurer un cadre juridique clair permettant aux entreprises d’opérer sans friction au-delà des frontières nationales.
La question des prix élevés de l’énergie et de l’autonomie stratégique figurait également en bonne place à l’ordre du jour. Antonio Costa a fait état d’un large consensus sur la nécessité de s’attaquer aux coûts énergétiques et de mieux protéger des secteurs stratégiques tels que la défense, les technologies propres, l’espace, l’intelligence artificielle et les systèmes de paiement, afin de réduire la dépendance de l’Europe à l’égard d’autres continents.
Les conclusions politiques du sommet d’Alden Biesen seront désormais traduites en propositions concrètes lors du prochain sommet européen à Brussels le 19 mars. Selon Ursula von der Leyen, l’objectif est d’adopter une feuille de route détaillée « Une Europe, un marché », assortie de calendriers précis, pour faire du marché unique tant promis une réalité. Foto-Herman.vandenbroeck, Wikimedia commons.

















































































































































































