Le dernier vendeur de journaux connu de Paris, Ali Akbar, s’apprête à recevoir l’une des plus hautes distinctions civiles de France, en reconnaissance de ses décennies de dévouement à une
tradition en voie de disparition.
Depuis 1973, Akbar est une figure familière du quartier de Saint-Germain-des-Prés, vendant des journaux avec un mélange caractéristique d’humour et de positivité. « Je ne vends pas seulement des journaux », explique-t-il. « J’essaie de faire rire les gens, d’apporter un peu de joie dans leur journée. Il s’agit de toucher le cœur des gens, pas leur portefeuille. »
Malgré l’ère numérique qui a drastiquement réduit les ventes de journaux, Akbar reste une présence inébranlable. « Je vends peut-être 20 exemplaires du Monde en huit heures », dit-il. « Tout est numérique aujourd’hui, mais j’ai encore mes clients fidèles qui viennent chaque jour. »
L’une de ces clientes est l’avocate Marie-Laure Carrière, qui considère Akbar comme une partie essentielle du quartier. « Ali est plus qu’un vendeur de journaux. Il fait partie de nos vies. On n’achète pas seulement Le Monde chez lui — on prend un café, parfois le déjeuner. Si Ali n’était plus là, Saint-Germain-des-Prés ne serait plus le même. »
L’esprit indéfectible d’Akbar a fait de lui une véritable institution locale, préservant un pan de la vie parisienne qui a sinon disparu. Les vendeurs de journaux ont commencé à disparaître au milieu des années 1970, alors que la télévision, puis les médias numériques, devenaient les principales sources d’information.
Né au Pakistan, Akbar a déménagé en France en 1973 et maintient vivant le métier de crieur de journaux depuis. Son dévouement a maintenant été reconnu par le président Emmanuel Macron, qui lui décernera le titre de Chevalier de l’Ordre National du Mérite, une distinction honorant les services civils ou militaires rendus à la France.
Malgré cette reconnaissance, Akbar n’a aucune intention de s’arrêter. « Je continuerai à vendre des journaux tant que ma santé me le permettra », dit-il. Pour de nombreux habitants, il est un symbole de l’authenticité du quartier.
Ali Akbar recevra officiellement sa médaille lors d’une cérémonie en septembre prochain.
















































































































































































