Les États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord pour interdire les systèmes d’intelligence artificielle capables de produire des images sexuellement explicites sans le
consentement des personnes concernées. La décision, confirmée vendredi par un porte-parole de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, constitue une étape majeure dans la régulation des applications d’IA à haut risque.
Cette initiative intervient après la controverse qui a éclaté plus tôt cette année autour de Grok, l’assistant d’IA lié à la plateforme sociale X appartenant à Elon Musk. En janvier, le chatbot a généré des millions d’images nues non consenties de personnes réelles — y compris de mineurs — provoquant une vague d’indignation à l’échelle mondiale.
Malgré l’annonce par X d’une politique de « tolérance zéro » à l’égard des deepfakes sexuels visant des enfants et des femmes, ainsi que la mise en place de mesures censées empêcher la création de telles images, des informations ont indiqué que la fonction permettant de « déshabiller » des personnes restait accessible sur le site de Grok. La European Commission a depuis ouvert une enquête sur la plateforme.
La Belgique s’est positionnée comme l’un des soutiens du projet d’interdiction. La ministre fédérale belge de la Digitalisation, Vanessa Matz, a expliqué que son pays s’abstient habituellement lors de ce type de propositions européennes en raison d’un manque de consensus interne. Cette fois, cependant, la Belgique a rejoint les États plaidant pour des protections plus fortes des citoyens, en particulier des filles et des femmes, qui sont les principales victimes de ce type d’abus.
« Il ne s’agit pas seulement de scandales isolés comme celui de Grok. Il s’agit de savoir combien de pouvoir nous sommes prêts à donner à l’IA pour humilier les gens », a déclaré Sergey Lagodinsky, député européen favorable à l’interdiction, dans un entretien accordé à The Straits Times.
Les ambassadeurs des États membres ont approuvé l’interdiction vendredi. Le European Parliament travaille actuellement sur un amendement similaire, qui doit être soumis au vote le 18 mars. Après cela, les États membres et le Parlement devront encore s’entendre sur une formulation commune du texte.
Les règles visant les systèmes d’IA à haut risque devraient entrer en vigueur en août 2026 et août 2027, sauf si un report est officiellement inscrit dans la loi.
Cette interdiction s’inscrit dans un effort plus large de la Commission européenne visant à simplifier la législation sur l’IA tout en répondant aux nouveaux risques liés à cette technologie, afin de mieux protéger la vie privée, la dignité et les droits des citoyens européens.
















































































































































































