
La police française a arrêté deux suspects en lien avec le spectaculaire vol, en plein jour, de bijoux de la Couronne d’une valeur estimée à 88 millions d’euros au musée du Louvre dimanche
dernier — l’un des cambriolages artistiques les plus audacieux de ces dernières années.
Selon le parquet de Paris, l’un des suspects a été interpellé samedi soir alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour un vol à destination de l’Algérie depuis l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le second homme, qui prévoyait apparemment de se rendre au Mali, a été arrêté peu après. Tous deux sont placés en garde à vue pour une durée pouvant aller jusqu’à 96 heures.
D’après les enquêteurs, quatre individus cagoulés ont pris d’assaut le musée tôt dimanche matin à bord d’un véhicule équipé d’une nacelle élévatrice. Grâce à celle-ci, ils ont pu atteindre le balcon du premier étage de la Galerie d’Apollon — où sont exposés les joyaux de la Couronne française — avant de découper une fenêtre à l’aide d’outils électriques.
Une fois à l’intérieur, les voleurs ont menacé les agents de sécurité, brisé deux vitrines et se sont emparés de pièces inestimables en à peine quatre minutes. Ils ont ensuite pris la fuite sur deux scooters qui les attendaient à l’extérieur, disparaissant dans les rues de Paris avant l’arrivée de la police.
La directrice du Louvre, Laurence des Cars, a reconnu cette semaine devant les sénateurs que le système de sécurité du musée comportait de sérieuses failles. Une enquête préliminaire a révélé qu’un tiers des salles de la zone visée ne disposaient pas de caméras de surveillance, et que la seule caméra extérieure à proximité du point d’effraction était orientée dans la mauvaise direction.
Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a reconnu un « échec de la sécurité », évoquant une « image terrible pour la France ».
Les experts redoutent que les bijoux volés aient déjà été démontés. « L’or peut être fondu, les pierres taillées en fragments plus petits : une fois cela fait, il devient presque impossible de les retrouver », a expliqué à la BBC le détective d’art néerlandais Arthur Brand.
À la suite de ce cambriolage, le Louvre a renforcé la sécurité dans l’ensemble de ses galeries et a transféré les joyaux restants à la Banque de France. Les trésors sont désormais conservés à 26 mètres sous terre, dans l’un des coffres les plus sécurisés de l’établissement, situé en plein cœur de Paris.
L’enquête se poursuit tandis que la police recherche encore deux suspects et la trace des bijoux disparus. Foto- Herry Lawford from Stockbridge, UK, Wikimedia commons.














































































































































































