
Emmanuel Macron a réaffirmé samedi son appel à une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, avertissant qu’une perturbation prolongée pourrait déstabiliser les marchés mondiaux de l’énergie
déjà fragilisés par les tensions au Moyen-Orient.
S’exprimant à Athènes aux côtés du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, le président français a insisté sur le fait que le rétablissement de la liberté de navigation dans ce passage étroit constitue une priorité internationale. Selon lui, l’incertitude géopolitique à elle seule peut provoquer des réactions de panique et entraîner des pénuries.
« Notre objectif est de parvenir à une réouverture complète dans les jours et semaines à venir, conformément au droit international », a déclaré Macron, soulignant que la garantie d’un passage libre et sécurisé, sans péage, permettrait un retour progressif à la normale.
Un passage stratégique aux conséquences mondiales
Le détroit d’Ormuz est l’un des axes maritimes les plus essentiels au monde. Environ **20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux** y transitent, reliant le golfe Persique à la mer d’Arabie. Toute perturbation dans cette zone a des répercussions immédiates sur les marchés internationaux.
Au-delà de l’énergie, ce couloir maritime est également crucial pour le transport de marchandises telles que les engrais, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques, ce qui signifie que son blocage peut affecter de nombreuses chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale.
L’industrie alerte sur des pénuries imminentes
Les inquiétudes ont été renforcées par Patrick Pouyanné, dirigeant de TotalEnergies, qui a mis en garde contre un risque réel de pénurie énergétique en cas de blocage prolongé.
« Si la situation dure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une véritable phase de rareté énergétique », a-t-il déclaré lors de la World Policy Conference, ajoutant que certains pays asiatiques en ressentent déjà les effets.
Un trafic maritime fortement perturbé
La circulation dans le détroit a été fortement ralentie en raison de l’escalade des tensions liées au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Téhéran aurait saisi plusieurs navires commerciaux, tandis que les États-Unis ont renforcé leur pression en imposant un blocus sur les ports iraniens, compliquant davantage la navigation dans la région.
Face à cette situation, plus d’une dizaine de pays se sont déclarés prêts à participer à une mission navale internationale menée par la France et le Royaume-Uni afin de sécuriser le passage des navires marchands, dès que les conditions le permettront. Toutefois, Donald Trump a indiqué que Washington pourrait agir seul, minimisant la nécessité d’un soutien allié.
« Une crise subie par tous »
Emmanuel Macron a conclu en soulignant le caractère global de la crise, rappelant que les économies sont profondément interconnectées.
« Nous sommes tous dans le même bateau, et ce n’est pas un bateau que nous avons choisi », a-t-il déclaré. « Nous sommes tous victimes de la géopolitique et de cette guerre qui dure depuis plusieurs mois. »
Alors que la sécurité énergétique mondiale est en jeu, les prochaines semaines s’annoncent décisives, tant pour la région que pour l’équilibre des marchés internationaux. Foto-Eckhard Pecher, Wikimedia commons.





















































































































































































