
Les autorités belges enquêtent sur une explosion survenue à l’aube devant une synagogue dans la ville de Liège, un incident qui ravive les inquiétudes concernant d’éventuelles activités
terroristes liées à l’Iran en Europe.
L’explosion s’est produite vers 4 heures du matin lundi devant une synagogue historique de la ville. Selon les enquêteurs, les images des caméras de surveillance montrent un homme masqué déposant un objet en feu à l’entrée du bâtiment avant de s’éloigner quelques instants avant la détonation. L’explosion a brisé des vitres et causé des dégâts matériels, mais aucune personne n’a été blessée.
Le Premier ministre Bart De Wever a évoqué l’incident jeudi devant le parlement, avertissant que plusieurs services de renseignement européens surveillent ce qu’il a décrit comme des « cellules terroristes dirigées par l’Iran ». Il a souligné que les autorités belges restent vigilantes pendant la poursuite de l’enquête.
L’enquête est dirigée par le parquet fédéral belge, qui analyse actuellement une vidéo supposée liée à une organisation djihadiste. Les autorités examinent également si l’attaque pourrait être liée à des réseaux iraniens opérant à l’étranger.
Cet incident survient dans un contexte de tensions accrues en Europe, alors que le conflit impliquant l’Iran et Israël continue d’alimenter les inquiétudes sécuritaires. Les responsables de la sécurité estiment que la crise géopolitique pourrait inspirer des attaques de représailles ou idéologiquement motivées sur le sol européen.
Les experts expliquent que les menaces peuvent prendre différentes formes. Certaines attaques sont menées par des individus agissant seuls, motivés par la colère ou influencés par la propagande extrémiste. D’autres pourraient impliquer des réseaux organisés ou des opérations liées à des États étrangers.
Annelies Pauwels, chercheuse à l’Institut flamand pour la paix, a déclaré à VRT NWS que ces réseaux potentiellement liés à des États représentent « une couche supplémentaire de menace ». Dans certains cas, des personnes déjà présentes en Europe pourraient être contactées ou encouragées à mener des attaques localement.
Des arrestations récentes ont également alimenté les préoccupations. La police belge a arrêté deux personnes d’origine iranienne dans la ville de Sint-Truiden après qu’elles auraient proféré des menaces d’attaque. Les enquêteurs n’ont pas encore établi si les suspects étaient liés à un réseau plus large.
Les soupçons concernant des complots liés à l’Iran en Europe ne sont pas nouveaux. En 2018, les autorités belges ont déjoué un projet d’attentat visant une réunion de groupes d’opposition iraniens près de Paris. Plusieurs personnes ont été condamnées dans cette affaire, dont un diplomate iranien accusé d’avoir coordonné l’opération.
À la suite de l’explosion à Liège, les responsables politiques belges ont renouvelé leurs appels à renforcer la protection des communautés juives. Georges-Louis Bouchez a proposé la nomination d’un coordinateur national chargé de lutter contre l’antisémitisme, tandis que le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a suggéré de déployer des soldats pour protéger les sites sensibles dans les grandes villes.
Dans toute l’Europe, les institutions juives signalent une hausse des menaces et des attaques depuis 2023. Les experts en lutte antiterroriste estiment que les tensions persistantes au Moyen-Orient contribuent à la radicalisation et accroissent les risques sécuritaires pour les communautés juives à travers le continent. Foto-Ralf Houven, Wikimedia commons.
















































































































































































